MANUFACTURE IMPÉRIALE DE PORCELAINE

MANUFACTURE IMPÉRIALE DE PORCELAINE

1744 - nos jours

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FONDATION ET DÉVELOPPEMENT

La Manufacture impériale de porcelaine fut fondée en 1744 par décret de l’impératrice Élisabeth Petrovna comme manufacture d’État destinée à créer en Russie une production indépendante de porcelaine dure. Cette fondation s’inscrivait dans une politique de consolidation culturelle et technologique de l’Empire russe.

Un rôle déterminant fut joué par Dmitri Ivanovitch Vinogradov, qui élabora la formule de la porcelaine dure russe à partir de matières premières nationales. Ses recherches permirent d’obtenir une pâte résistante et translucide, assurant la stabilité de la cuisson et posant les bases d’une école russe autonome de porcelaine.

Dès le milieu du XVIIIe siècle, la manufacture se consacra principalement aux commandes de la Cour. Elle produisait des services de cérémonie pour les résidences impériales, des présents diplomatiques, des vases monumentaux et des compositions sculptées. La porcelaine remplissait ainsi une fonction non seulement utilitaire, mais aussi représentative, devenant un instrument de prestige de l’État.

En 1765, l’appellation Manufacture impériale de porcelaine fut officiellement adoptée. Au XIXe siècle, l’entreprise s’adapta activement aux évolutions stylistiques, produisant à la fois de grands ensembles cérémoniels et des pièces raffinées destinées aux intérieurs privés.

Après 1917, la manufacture fut nationalisée et rebaptisée Manufacture d’État de porcelaine. En 1925, elle reçut le nom de Mikhaïl Lomonossov et fut largement connue sous l’abréviation LFZ. En 2005, le nom historique fut rétabli.

CARACTÉRISTIQUES ARTISTIQUES ET STYLES

Au XVIIIe siècle, le langage artistique de la manufacture se développe dans le cadre du Baroque et du Rococo, caractérisés par une ornementation riche et un usage abondant de la dorure. À la fin du siècle, le Classicisme s’impose, marqué par la clarté de la composition et la référence à l’Antiquité.

Le style Empire accentue la monumentalité et introduit la symbolique impériale, les trophées militaires, les couronnes de laurier et une rigueur architecturale des formes. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’Historicism élargit le vocabulaire stylistique, intégrant des éléments néo-Renaissance et néo-Baroque.

L’Art nouveau, à la charnière des XIXe et XXe siècles, apporte des lignes fluides et un décor organique. Dans les années 1920, la porcelaine devient un espace d’expérimentation artistique, donnant naissance au phénomène de la porcelaine d’agitation et d’avant-garde.

TECHNIQUES ET MATÉRIAUX

La production repose sur la porcelaine dure cuite à haute température. Les techniques de peinture sous couverte et sur couverte sont employées, souvent avec des cuissons multiples. La dorure appliquée à la main à la feuille d’or et les rehauts de platine occupent une place importante.

La manufacture a développé un modelage sculptural raffiné, allant des figures de cabinet aux formes décoratives monumentales. Le décor au cobalt est devenu l’une des traditions durables et un signe distinctif de l’école pétersbourgeoise de porcelaine.

MARQUES

À l’époque pré-révolutionnaire, les marques de fabrique comportaient la symbolique impériale, notamment l’aigle bicéphale et les initiales du souverain régnant.

Pendant la période soviétique, la manufacture utilisa les abréviations GFZ puis LFZ. Les marques contemporaines reflètent le rétablissement du nom historique.

L’attribution exige la mise en relation de la marque avec la forme, le style décoratif et les caractéristiques techniques propres à chaque période.

HÉRITAGE ET CHEFS-D’ŒUVRE

Service Arabesque. Manufacture impériale de porcelaine, 1784–1787. Modèle de Jean-Dominique Rachette. Musée de l’Ermitage. L’un des plus grands ensembles de cérémonie du règne de Catherine II. Ce service comprend des centaines de pièces décorées d’arabesques dorées, de motifs antiques et de compositions allégoriques. Il est considéré comme l’apogée du classicisme russe en porcelaine au XVIIIe siècle.

Vase aux vues de Saint-Pétersbourg. Manufacture impériale de porcelaine, vers 1810–1815. Règne d’Alexandre Ier. Musée de l’Ermitage. Vase monumental de type cratère de style Empire, orné de vues panoramiques peintes de la capitale, exécutées en peinture sur couverte avec une dorure abondante. Il illustre la synthèse de la peinture et de l’art décoratif caractéristique de l’Empire pétersbourgeois.

Assiette « Vive la Troisième Internationale ». Manufacture d’État de porcelaine, 1921. Décor de Sergueï Tchekhonine. Musée de l’Ermitage. Œuvre emblématique de la porcelaine d’agitation du début de l’époque soviétique. Elle associe un langage graphique d’avant-garde à la tradition technique de la porcelaine, reflétant la nouvelle esthétique du XXe siècle.

SIGNIFICATION

La Manufacture impériale de porcelaine occupe une place centrale dans l’histoire des arts décoratifs russes. Sa production a façonné le langage visuel de la culture de cour et reflété les transformations stylistiques de plusieurs époques.

Son héritage conserve une importance scientifique, artistique et culturelle majeure, attestant la continuité de la tradition russe de la porcelaine depuis plus de deux siècles et demi.

Materials & Techniques