Pierre Theremin fut un joaillier de cour français actif à Saint-Pétersbourg dans les années 1790 et au début des années 1800, maître de la Guilde étrangère et fournisseur du Cabinet de Sa Majesté Impériale. Il se spécialisa dans les tabatières en or à émail guilloché et miniatures peintes, ainsi que dans les commandes cérémonielles et honorifiques de la cour russe.
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BIOGRAPHIE
Pierre Theremin était le cadet des frères Theremin, issus d’un milieu franco-protestant de Prusse. Sa formation professionnelle s’effectua dans l’entourage de son frère aîné François Claude Theremin (1746 - 1808), lié aux traditions berlinoise, londonienne et parisienne de l’orfèvrerie et de l’émail guilloché. En 1793 il s’établit à Saint-Pétersbourg et entra dans la Guilde étrangère des joailliers. En 1794 il épousa Marianne Jacqueline Renée Duval, sœur du joaillier de cour Jacob David Duval, consolidant ainsi sa position à la cour. En 1800 - 1801 il exerça la fonction d’aldérman de la Guilde étrangère.
PARCOURS ARTISTIQUE
1793 - 1796 : début de la période pétersbourgeoise et premières acquisitions de tabatières par le Cabinet impérial, avec mention précise des couleurs d’émail (bleu, azur, crisopar). Il réalisa également des objets de présentation et de cérémonie, notamment des épées et sabres en or portant l’inscription « Pour bravoure », des montures de boutons en aventurine et feldspath, ainsi que des oklads d’icônes.
1797 - 1802 : activité soutenue pour le Chapitre des Ordres russes. Les archives mentionnent la fabrication de chaînes et insignes d’ordres, de croix de différents ordres, ainsi que de séries d’armes d’honneur ornées d’émaux. Il continua parallèlement à exécuter des commandes palatines et étatiques.
1798 - 1801 : participation à des commandes cérémonielles majeures, notamment des couronnes funéraires pour les cérémonies d’État, dont celles du roi Stanislas Auguste Poniatowski et de l’empereur Paul I, ainsi que les encadrements en or et reliquaires pour les reliques maltaises.
1799 - 1800 : importantes commandes liées à la dot des grandes-duchesses Alexandra et Elena, comprenant reliures d’Évangiles, croix, calices et oklads d’icônes.
Vers 1802 : selon les chercheurs, l’artiste quitta définitivement la Russie pour s’installer à Genève.
STYLE, TECHNIQUE ET ORIENTATION ARTISTIQUE
Les œuvres pétersbourgeoises de Pierre Theremin relèvent du Néoclassicisme tardif et du début du style Empire. Sa spécialité est l’émail guilloché : un fond d’or finement guilloché recouvert de plusieurs couches d’émail translucide, produisant profondeur et luminosité. Les teintes caractéristiques sont le bleu profond (bleu), l’azur à nuance lilas (azur) et le vert turquoise clair évoquant le chrysoprase (crisopar).
Les tabatières sont généralement octogonales ou rectangulaires, ornées de frises géométriques dont le méandre, de guirlandes et de miniatures peintes. Certaines pièces présentent des ajouts plus tardifs des années 1820 - 1830.
Les poinçons comprennent FT (Frères Theremin), ainsi que PT et FKT. Certaines pièces portent une inscription gravée mentionnant Saint-Pétersbourg.
HÉRITAGE ET CHEFS-D’ŒUVRE
Parmi les œuvres de référence figurent :
Tabatière, Saint-Pétersbourg, 1799, Pierre Theremin. Or, verre, porcelaine ; ciselure, émail, gravure, guilloché. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Tabatière, Saint-Pétersbourg, 1800, Pierre Theremin. Or ; ciselure, émail, guilloché. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Tabatière au monogramme en diamants de l’empereur Alexandre I, Saint-Pétersbourg, vers 1801, atelier des frères Theremin. Or, diamants ; ciselure, émail, guilloché. Musée Fabergé, Saint-Pétersbourg.
Son héritage comprend également d’importantes commandes d’État, telles que des couronnes funéraires et les montures des reliques maltaises, caractérisées par la rigueur du Néoclassicisme et l’usage du croix maltaise émaillée en blanc.
HISTORIQUE DES PRIX
Le marché des œuvres de Pierre Theremin demeure ponctuel en raison de la rareté des pièces et de leur statut muséal. Les données comparables doivent être vérifiées par les résultats de ventes publiques et l’étude de provenance.
Chefs-d’œuvre : Œuvres à provenance de cour documentée et conservation exceptionnelle. Fourchette de prix : 100 000 - 500 000 €.
Atelier / Cercle de : Pièces portant les poinçons FT ou PT, proches de la période pétersbourgeoise. Fourchette : 30 000 - 100 000 €.
Suiveurs / École de : Tabatières de la tradition pétersbourgeoise de l’émail guilloché sans attribution directe aux Theremin. Fourchette : 10 000 - 30 000 €.