Courvoisier Frères est une maison horlogère suisse établie à La Chaux-de-Fonds, issue de la manufacture Josué Robert et Fils du XVIIIe siècle. La firme développa un important commerce d’exportation de montres de poche et de tourbillons, fournissant la Prusse et l’Empire russe et comptant parmi les fabricants majeurs du centre horloger suisse du XIXe siècle.
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HISTOIRE ET DÉVELOPPEMENT
Les origines de l’entreprise remontent à Josué Robert (1691-1771), qui reçut en 1725 le titre d’horloger royal de Frederick II of Prussia. Sa maison, Josué Robert et Fils, figura parmi les manufactures notables de la région de Neuchâtel.
En 1781, Louis Courvoisier (1758-1832), gendre de la famille Robert, intégra l’entreprise. Dès 1787, celle-ci prit le nom de J. Robert & Fils, Courvoisier & Cie, puis en 1795 celui de Robert & Courvoisier. En 1811, elle devint Courvoisier & Cie, avec des succursales à La Chaux-de-Fonds, Genève et Paris.
À partir de 1815, la firme exporta activement des montres vers l’Empire russe, notamment des modèles portant l’inscription PETERSBOURG et ornés de vues de Saint-Pétersbourg ou de portraits impériaux. Les livraisons se poursuivirent également à la cour de Prusse.
En 1842, les fils de Louis Courvoisier fondèrent Courvoisier Frères. La maison reçut la commande de montres commémoratives pour Frederick William IV of Prussia, consolidant ainsi son prestige international.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la production se développa. En 1880, le nom Courvoisier Frères fut définitivement adopté. Une alliance matrimoniale avec la famille Gallet entraîna brièvement la dénomination Courvoisier-Gallet. Des sous-marques furent créées, notamment Mobilis, El Aguila et Madix. En 1904, le brevet du tourbillon CH30754 fut enregistré sous la marque Mobilis. En 1915, le modèle Madix, doté d’un boîtier renforcé et d’index au radium, fut présenté.
Au XXe siècle, la maison se concentra sur la montre de poche et perdit progressivement des parts de marché face à l’essor de la montre-bracelet. En 1909, les actifs passèrent à L. Courvoisier & Cie, puis en 1928 à L. Courvoisier & Co. L’activité indépendante cessa en 1942.
TITRES, DISTINCTIONS ET COMMANDES
La maison bénéficia du statut de fournisseur de la cour de Prusse et entretint d’importantes relations d’exportation avec l’Empire russe. Des modèles représentatifs furent réalisés pour des clients privés et de cour, incluant des montres commémoratives et des pièces à complications destinées à des usages diplomatiques et officiels.
SPÉCIFICITÉ ARTISTIQUE ET TECHNIQUES
La production reposait sur le système d’établissage, avec assemblage et réglage final dans les ateliers propres de la maison. Les mouvements utilisaient des échappements à ancre et à cylindre, ainsi que des tourbillons, répétitions et complications calendaires.
Les boîtiers en or et en argent étaient décorés par gravure, émail, peinture miniature et guillochage. Les tourbillons Mobilis se distinguaient par une architecture ouverte du balancier visant à améliorer la précision chronométrique. Les modèles Madix furent conçus pour un usage militaire et dotés d’un boîtier renforcé.
HÉRITAGE ET CHEFS-D’ŒUVRE
Les montres Courvoisier Frères sont conservées dans les collections du :
▪ Musée International d’Horlogerie
▪ Patek Philippe Museum
▪ Topkapı Palace Museum
Parmi les pièces emblématiques figurent les montres Robert & Courvoisier de la fin du XVIIIe siècle, les modèles en or exportés vers la Russie dans les années 1820, les tourbillons Mobilis du début du XXe siècle et la montre militaire Madix de 1915.