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Exemple exceptionnel de la miniature lapidaire russe, la figurine du « Boïar », créée entre 1915 et 1917 dans l’atelier de taille de pierres de la Maison Fabergé, situé au 44, avenue Anglaise à Pétrograd, sous la direction de Piotr Kremlev. Fondé à l’un des moments les plus dramatiques de l’histoire de l’Empire russe, cet atelier donna naissance à une école unique de sculpture réaliste en pierres semi-précieuses. Cette miniature incarne pleinement les standards esthétiques et techniques de cette tradition, témoignant d’un savoir-faire exceptionnel et d’un raffinement artistique remarquable.
La figure du boïar constitue une composition soigneusement élaborée, dans laquelle chaque détail, du visage expressif aux plis du vêtement traditionnel russe, est exécuté avec une attention extrême portée à la forme, à la texture et aux proportions. La sculpture est réalisée selon une technique complexe à plusieurs composants, associant le jaspe de Kalgan et d’Orsk, le néphrite, le silex et le cacholong, enrichis d’éléments en argent ciselé et d’émail vitrifié. L’équilibre subtil entre les surfaces mates et polies accentue les textures textiles et corporelles, conférant à l’ensemble une présence sculpturale vivante et convaincante.
Une attention particulière est accordée à l’expressivité psychologique. La tête légèrement inclinée, le regard concentré et la pose monumentale composent l’image noble et fière d’un boïar russe du XVIIe siècle. Les proportions et le rythme de la figure s’harmonisent avec la base, formant un véritable monument en miniature. Le groupe sculptural repose sur une base soigneusement polie, soulignant la verticalité de la composition et attirant le regard vers le visage, centre expressif de l’œuvre.
La figurine est conservée dans son écrin d’origine en bois, doublé de soie et orné d’un estampage doré portant l’inscription « FABERGÉ, SAINT-PÉTERSBOURG, MOSCOU, LONDRES », sous les armoiries impériales russes. L’écrin est entièrement authentique et conforme aux standards de la Maison pour les pièces destinées à l’exportation ou aux cadeaux de prestige.
Poinçons : Aucun, ce qui est caractéristique des sculptures en pierres dures de Fabergé de cette période.
Dimensions : Figurine : hauteur 6 cm, largeur 4 cm, diamètre de la base 4,7 cm. Écrin : 7 × 7 × 7 cm.
Poids : 130 g.
État : Figurine en excellent état, avec des traces d’usage minimes. Écrin présentant des marques d’usage.
Provenance : Selon les archives, la figurine fut conçue comme une variation miniature d’une composition de plus grand format exécutée en 1910 pour l’Empereur Nicolas II.
Au cours de la dernière décennie de l’existence de la Maison Fabergé, le développement de la sculpture en pierres dures s’imposa comme l’une de ses orientations les plus originales et les plus accomplies sur le plan esthétique. Née en réponse aux contraintes de l’économie de guerre, cette discipline évolua vers un langage sculptural raffiné, comparable par son importance artistique aux chefs-d’œuvre joailliers réalisés avant 1914. Face à la pénurie de métaux précieux et de pierres importées, ainsi qu’à l’évolution des goûts vers un style national, Fabergé se tourna vers les ressources naturelles de l’Oural et de la Sibérie, inaugurant un nouveau programme de miniatures sculptées en pierres fines.
En 1915, un atelier spécialisé dans le travail de la pierre dure fut établi à Pétrograd, au 44, avenue Anglaise, sous la direction de Piotr Mikhaïlovitch Kremlev, maître issu de l’école de taille de Iekaterinbourg. Réunissant une vingtaine d’artisans, sculpteurs, tailleurs, polisseurs, émailleurs et monteurs, cet atelier devint le noyau de ce que la littérature occidentale désigne aujourd’hui comme l’école Verfel-Kremlov, reconnue pour ses représentations réalistes et subtilement stylisées de types populaires et historiques russes.
La présente figurine du « Boïar » compte parmi les œuvres les plus importantes de cette tradition. Les archives indiquent qu’une version de plus grand format, d’une hauteur de 15,2 cm, fut réalisée vers 1910 pour l’Empereur Nicolas II. Elle entra par la suite dans la collection d’Agathon Karlovitch Fabergé avant d’être vendue en Angleterre en 1939. Conformément à la politique stricte de la Maison, excluant toute reproduction identique, la version miniature présentée ici, d’une hauteur de 6 cm, est interprétée comme une variation originale à échelle réduite. Son exécution est datée entre 1915 et 1917 et attribuée à l’atelier de pierres dures dirigé par Kremlev.
La figure du boïar s’inscrit dans une série prestigieuse de miniatures que l’Empereur Nicolas II collectionnait personnellement. Sa collection comprenait notamment un Charpentier, un Concierge, une Nourrice, une Femme allant au bain, un Soldat en faction, le cosaque de cour Koudinov, ainsi que le présent Boïar. Réalisées en jaspe, jade, cacholong, silex, argent et émail, ces sculptures se distinguent par un modelé d’une grande finesse, une attention extrême portée au détail et une qualité artistique exceptionnelle.
L’iconographie du boïar semble s’inspirer d’un personnage de l’opéra Boris Godounov de Modeste Moussorgski, œuvre particulièrement appréciée à la cour impériale. L’attitude stylisée, le costume solennel et l’intensité psychologique de la figure reflètent les influences du théâtre et de l’historicisme russe caractéristiques de la dernière période de Fabergé.
Les précédents en ventes publiques confirment la rareté et la valeur de ce type d’œuvre. Le 20 avril 2005, Sotheby’s New York a vendu une figurine comparable de boïar, Saint-Pétersbourg, vers 1910, hauteur 5,2 cm, pour la somme de 1 808 000 dollars américains, lot 44, dépassant largement son estimation de 600 000 à 800 000 dollars. Ce résultat demeure l’un des plus élevés jamais atteints pour une sculpture en pierres dures de Fabergé.
D’un point de vue technique, l’œuvre est constituée d’un assemblage complexe de jaspe de Kalgan et d’Orsk, de jade, de cacholong, de silex, d’argent et d’émail vitrifié. Chaque matériau fut choisi tant pour son harmonie chromatique que pour sa valeur symbolique. Le jaspe évoque la stabilité, le jade la sagesse, le cacholong la pureté spirituelle. Le visage et les mains sont sculptés avec une précision quasi picturale, révélant le plus haut niveau de maîtrise des artisans de Fabergé.
L’écrin d’origine en bois, doublé de soie et estampillé en or « FABERGÉ, SAINT-PÉTERSBOURG, MOSCOU, LONDRES », orné des armoiries impériales russes, confirme le caractère prestigieux de cette commande. Les archives et collections muséales attestent que de tels écrins accompagnaient les pièces destinées au salon Fabergé de Londres ou aux cadeaux diplomatiques de haut rang.
Ainsi, cette figurine de boïar ne constitue pas seulement un exemple rare et raffiné de l’art lapidaire de Fabergé, mais également un document culturel majeur de la Russie impériale finissante. Par son origine, son exécution magistrale et sa cohérence historique, elle s’inscrit parmi les œuvres Fabergé de niveau muséal et d’intérêt patrimonial et d’investissement exceptionnel, recherchées par les plus grandes collections et institutions internationales.
En bon état de collection. Légères traces d’usage cohérentes avec l’âge. Tous les éléments de la composition sont intacts. L’écrin d’origine est conservé dans un état correspondant à son époque de fabrication.
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